Les printemps incertains

Synopsis

Les printemps incertains propose une méditation sur le dépérissement des quartiers industriels du sud-ouest de Montréal et sur ce qui s’y joue : transformation du tissu industriel, destruction des relations sociales, projet de modernisation urbaine étrangère aux habitants.

Des résidants et travailleurs racontent l’histoire tragique de leur dépossession. De l’immigration des Irlandais au 19e siècle jusqu’au déclin de Pointe-Saint-Charles, en passant par les expropriations qui ont eu lieu dans le Griffintown et la destruction du Village-aux-Oies, un portrait du siècle nous apparaît par lequel on voit comment le développement urbain s’est fait contre les habitants du quartier.

Extraits critiques

«L’Espérance ne nous trafique pas une vision correcte du monde; la sienne est tout humblement et poétiquement juste, sans parti pris idéologique. L’Autre, ce sont justement ces résidants, Irlandais, Italiens, Polonais, Canadiens français (comme on les appelait autrefois), victimes de la barbarie industrielle, qui, à partir de photos, de chansons (gaéliques très belles, interprétées par une habitante), de promenades, retracent leur histoire. [...] Une grandeur dans la pauvreté et le dénouement pour ces travailleurs lucides qui sans en avoir l’air sont très politisés. Ils ne manquent pas d’humour, un humour qui dégage une sorte de liberté digne. Ils sont, c’est certain, les grands perdants de l’Histoire (avec un grand «H»), dépouillés de toute imagerie pieuse car jamais sublimés. C’est une image d’eux et d’elles que nous tend Sylvain L’Espérance, pas une imagerie. »
André Roy, 24 images, NO 61

«Ce qui est remarquable dans le film, c’est que L’Espérance prend le temps de nous faire sentir les rapports complexes entre ces dimensions : le social, le géographique, l’économique, l’individuel. Il ose des plans longs, des plans qui nous laissent le temps de nous imprégner (par exemple le magnifique plan séquence du vieux mécanicien : rarement on aura autant dit en si peu de mots.)»
Claude Ménard, Revue de la cinémathèque, #16

«Avec beaucoup de simplicité, Sylvain L’Espérance réussit quelque chose de rare dans Les Printemps incertains : parler de mémoire sans être nostalgique, montrer des quartiers défavorisés sans être misérabiliste et parler d’injustice sociale sans se prendre pour Robin des Bois. Le réalisateur laisse parler ses images, comme s’il fabriquait des archives pour un futur qui a déjà la mémoire courte.»
Eric Fourlanty, Voir, avril 1992

Fiche technique

16mm, couleur, 52 minutes, 1992

Avec
Maria et Rocco Divirgilio
Yvan Boyle
Paul–Émile Bertrand,
Leo Leonard
Nancy King Hughes
Jeanne Choquette,
Pat O’Connel
Howard McRae

Recherche Production , Réalisation : Sylvain L’Espérance
Image : Claude Ouellet, Marc-André Berthiaume, Sylvain L’Espérance
Son : Justine Pimlott, Marie-France Delagrave
Montage : René Roberge
Montage sonore : Francine Poirier
Chants : Nancy King Hughes