Le temps qu’il fait

Synopsis

Nestor, Leï, Pierette, Mohamed, Hafida, Marius, Marc, Galina, Genady, Mike et Lala : chacun pose un regard sur le chemin où la vie l’a entraîné. Le film se présente comme une mosaïque de récits où s’entremêlent les espoirs, les rêves, les inquiétudes et les déceptions face au présent et à l’avenir de ces gens ordinaires qu’on dit faire partie de la majorité silencieuse.

En contrepoint, de ces nouveaux paysages que sont les centres financiers, les espaces industriels abandonnés et les terrains en friches, nous parvient l’écho du discours des économistes et des politiciens qui enjoigent l’humanité à prendre le grand train de la nouvelle économie. Indifférents au mot d’ordre de ces maîtres du monde, les hommes et les femmes du film opposent une résistance tranquille par leur attachement à un métier qui les fait vivre. Peu à peu se dessine une image du monde où la rupture entre la logique de l’économie et le mouvement de la vie est totale. Une rupture à l’image du temps présent.

Extraits critiques

«Pourtant l’œuvre n’est pas un film militant au sens dogmatique du terme; et cela tient à la manière de Sylvain L’Espérance, déjà affirmée dans Les écarts perdus, à son attention particulière aux petits gestes de la belle ouvrage de ces cordonniers, pâtisssiers, ouvriers, musiciens du métro, recycleurs; tous ces petits métiers de la précarité, gestes a priori pas très glamour et d’autant plus précieux, admirablement rendus par la caméra de Jacques Leduc. Faire respirer la terre avec une pelle, vider un vieux réservoir, souder une structure de métal ou faire chanter un instrument de musique chinois dans le métro devient la défense et l’illustration d’un savoir-faire qui ne veut pas se perdre. Une caméra de proximité qui transforme le local et trace peu à peu une sorte de tableau fait de petites taches qui se juxtaposent pour saisir la complexité du réel.»
Yves Rousseau, 24 images, N° 88-89

Et c’est là que la manière même du film entre en jeu pour donner tout son sens au propos de manière subtile et convaincante. Le travail de caméra de Jacques Leduc sur le terrain est particulièrement remarquable par sa manière de mettre très nettement en contexte les personnages par rapport à leur environnement. Un simple travelling dans un quartier d’usines vieillissantes suffit à faire comprendre la somme de petites débrouilles quotidiennes nécessaire à la survie de tel petit entrepreneur. Le montage dans un film de ce genre est également de première importance par la manière dont il met en rapport des faits en apparence isolés les uns des autres et René Roberge les révèle ici avec brio, en proposant une véritable vision des enjeux mis en cause par le film.»
Jean-Claude Marineau, Parachute N° 89

Festivals

-Compétition officielle, Visions du réel, Nyon, Suisse
-Festival international du nouveau cinéma de Montréal

Fiche technique

16mm, couleur, 63 minutes, 1997

Avec
Nestor Baladares
Lei Quïang
Mohamed et Hafida Lardjoum
Marius Minier
Marc Paquette
Mike, Genady et Galina Zimerman
Bruno Vazin
Pierette Robitaille
Roland Trembaly
Lala Khomutova

Recherche, Production , Réalisation : Sylvain L’Espérance
Image : Jacques Leduc,
Son : Diane Carrière, Pierre Bertrand
Montage : René Roberge
Montage sonore : Francine Poirier